MolenGeek et Bruxelles Formation : une rupture aux lourdes conséquences pour le secteur digital

Le partenariat entre MolenGeek et Bruxelles Formation, deux acteurs majeurs de la formation numérique en Belgique, a officiellement pris fin. Si le fondateur de MolenGeek, Ibrahim Ouassari, accuse l'organisme public de formation de saboter ses activités, les faits révèlent une réalité plus complexe. Bruxelles Formation a en effet décidé de résilier deux conventions de marché public, invoquant des problèmes d'encadrement, des lacunes pédagogiques et un environnement de travail jugé inadéquat.

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Un partenariat devenu conflictuel

Depuis plusieurs années, MolenGeek a été un acteur clé dans la formation numérique, offrant aux jeunes issus de milieux défavorisés une opportunité d'acquérir des compétences en codage et en marketing digital. Soutenue financièrement à hauteur de plus de 1,5 million d'euros par Bruxelles Formation entre 2020 et 2024, l'ASBL a joué un rôle déterminant dans la réinsertion professionnelle.

Cependant, des plaintes récurrentes ont commencé à émerger en 2024. Bruxelles Formation a alors lancé une évaluation des taux de sortie vers l'emploi, un indicateur essentiel de l'efficacité des formations. Si MolenGeek revendique un taux de sortie de 50 % après six mois et de 80 % après un an, ces chiffres sont jugés insuffisants par le ministre de la Formation professionnelle et de la Transition numérique, Bernard Clerfayt. Par ailleurs, plusieurs stagiaires et formateurs ont pointé du doigt un encadrement insuffisant et des pratiques pédagogiques discutables.

Une rupture aux enjeux stratégiques

La fin de cette collaboration soulève des questions majeures quant à l'avenir de la formation numérique à Bruxelles. L'essor des métiers du digital nécessite des programmes adaptés aux besoins du marché, mais aussi une gouvernance transparente et efficace. La situation actuelle pourrait impacter la crédibilité des initiatives de formation privée en partenariat avec des organismes publics, remettant en cause les modèles hybrides de financement et de gestion.

De plus, les soupçons d'abus liés à l'utilisation des chèques TIC d'Actiris, qui a versé 560 000 euros à MolenGeek en 2024, pourraient fragiliser d'autres initiatives de formation numérique. Ces chèques permettent aux demandeurs d'emploi d'accéder à des formations courtes, mais leur utilisation doit être rigoureusement encadrée pour éviter toute dérive.

Quel avenir pour les formations numériques en Belgique ?

Cette affaire met en lumière la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et d'évaluation des formations financées par les pouvoirs publics. La formation aux compétences digitales est un enjeu critique pour l'employabilité et la compétitivité économique du pays. Un modèle plus transparent, associant des standards de qualité rigoureux à un suivi indépendant des résultats, pourrait être une solution pour garantir des formations efficaces et reconnues.

En attendant, MolenGeek tente d'apaiser les tensions en sollicitant une médiation avec Bruxelles Formation. L'issue de ce conflit pourrait bien redéfinir les modalités de collaboration entre institutions publiques et acteurs privés dans le domaine de la formation numérique, et par conséquent, influencer l'ensemble du secteur dans les années à venir.
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